Avant-propos

Cet article est une ébauche de réflexion concernant les différents arguments souvent apportés contre le véganisme en rapport avec l’Histoire de notre espèce. En dépit du ton sûr et presque absolu employé ici, il ne s’agit que d’un avis personnel ; il n’y est pas question d’énoncer des vérités générales, mais plutôt de donner un avis qui se veut constructif et logique. Considérez donc cet article comme un essai!

Introduction

On entend souvent dire que le végétalisme n’est pas naturel et que nos ancêtres mangeaient de la viande, et que, de fait, on se DOIT logiquement d’en manger. S’abstenir de viande et d’autres produits d’origine animale serait donc contre-nature et complètement irrationnel. Cet article tentera d’apporter les réponses permettant de contrer ce genre d’arguments; pour ce faire, nous parlerons d’abord de l’évolution de notre espèce à travers les âges puis du fameux terme « naturel » si souvent employé, pour enfin terminer par la question de notre santé.

Tout d’abord, parlons rapidement de notre espèce. Nous ne sommes, au premier abord, pas très bien équipés par la Nature: nous ne sommes pas spécialement rapides, pas particulièrement puissants ou forts, et nous n’avons ni griffes ni grandes dents pour chasser. En réalité, nos aptitudes principales se situent ailleurs et sont bien plus discrètes, mais néanmoins efficaces: nous sommes endurants (ce qui ne nous intéresse pas vraiment ici, bien que ce soit très utile), nous avons une éthique et une morale (point sur lequel nous reviendrons plus tard), et nous disposons d’une formidable capacité d’adaptation, qui nous est indispensable pour survivre (création d’outils, fabrication d’abris et de vêtements, omnivorisme, etc). Ce dernier point sera au cœur de mon premier raisonnement.

 

 

 

Préhistoire, changements et modernité

  

 

Comme dit précédemment, l’espèce humaine doit en partie sa survie à sa formidable capacité à s’adapter à son environnement, et plus particulièrement au niveau de son alimentation.Notre corps peut en effet aussi bien digérer des fruits, des légumes, des céréales et d’autres végétaux que de la viande et des produits d’origine animale. Ainsi, dans les périodes les plus difficiles (comme les périodes glaciaires, par exemple), cela permet à notre espèce de  chasser des animaux sauvages pour les manger et ainsi subsister, dans le seul cas où cela est réellement nécessaire. L’Homme est donc une espèce omnivore, qui par définition peut manger de tout pour s’adapter plus aisément. C’est un grand avantage!

Nous sommes donc omnivores; mais cela ne veut pas dire que l’on DOIT manger de la viande, mais simplement que l’on PEUT le faire. Il s’agit d’une possibilité, très utile lorsque notre survie est menacée (notamment par des conditions de vie difficiles, un manque de nourriture, etc). Or, nous ne sommes plus du tout à l’état sauvage, et notre quotidien est aujourd’hui bien plus simple qu’autrefois; nous avons évolué.

En effet, notre espèce peut désormais trouver de la nourriture bien plus facilement qu’autrefois: il existe pour cela des supermarchés gigantesques, des fermes et bio-coop remplis de fruits et légumes tout bio, tout locaux et de saison, des restaurants en tout genre, des fast-foods, des sites internets sur lesquels on peut commander des tas de produits véganes et/ou même sans huile de palme, des livraisons de nourriture à domicile, etc; tout ceci existe grâce à la modernité et aux avancées techniques et scientifiques. N’est-ce pas là l’exact opposé de l’état sauvage dans lequel vivaient constamment nos ancêtres? Grâce à tout cela, nous n’avons plus du tout la nécessité ou l’obligation de chasser et de tuer d’autres êtres vivants pour manger et vivre convenablement.


Ainsi, dire que nous devons manger de la viande car nos ancêtres le faisaient ou parce que nous sommes des carnivores ou des omnivores par nature, ce serait oublier tous les changements entre la Préhistoire et aujourd’hui et omettre de parler des alternatives végétales qui existent partout, toute l’année et en quantité plus que suffisante pour tous. Nous avons désormais la possibilité, grâce à notre société bien souvent affranchie de son état naturel, d’aspirer à un monde plus juste, plus éthique et plus égalitariste, à la fois pour les animaux non-humains et l’espèce humaine. Alors, pourquoi ne pas le faire?

Naturel ou pas naturel, telle est la question

 

Tout d’abord, il convient de donner une définition correcte du terme « naturel ». Il ne s’agit pas simplement de quelque chose qui n’a pas été modifié par l’Homme, mais plutôt quelque chose qui est acceptable, d’un point de vue biologique. Autrement dit, qualifier quoi que ce soit de naturel signifierait que ce que l’on désigne ainsi peut exister tout en étant en harmonie avec la Nature, sans en altérer trop profondément le fonctionnement ou les principes.  La définition donnée par le dictionnaire se rapproche tout à fait de cette idée: « Qui est conforme à l’ordre normal des choses, au bon sens, à la raison ».


Or, l’espèce humaine s’est, au cours de son Histoire, peu à peu détachée de la Nature: nos villes et habitations, magasins, moyens de transports, technologies, divertissements etc ne rentrent pas, la plupart du temps, dans les limites imposées par la définition citée plus haut. Ce détachement lent mais certain entre l’espèce humaine et son propre environnement met en lumière une contradiction: est-ce bien raisonnable d’affirmer que telle ou telle chose est moins naturelle qu’une autre, alors que notre société moderne dans son ensemble ne l’est plus?

Cet éloignement progressif entre l’Homme et la Nature n’a pas épargné notre manière de nous alimenter et encore
moins les moyens mis en œuvre pour y parvenir, bien au contraire: nous avons érigés des bâtiments ayant pour seul et unique but d’élever et d’abattre des milliards d’animaux chaque année, le tout complété par de l’exploitation, de la maltraitance et de la torture. Pour assouvir notre soif incessante de lait et ses dérivés, nous avons créer une industrie qui insémine artificiellement des animaux, volent leur enfant à la naissance et les torture avant de les massacrer, et achève leur mère après des années vécues dans l’angoisse et l’exploitation la plus totale. Nous avons construit des bateaux géants, ayant pour objectif de pêcher un maximum d’êtres vivants et sentients dans les mers et océans, jusqu’à ce qu’il n’y reste plus rien.

Il serait bien évidemment impossible de citer toutes les horreurs que notre espèce inflige au règne animal, sans même parler de toutes les inégalités et problèmes que tout ceci engendre du côté des humains, mais une chose est sûre: tout ceci est loin d’être naturel, sensé ou rationnel. De fait, être végane ou faire le moindre effort dans cette direction n’est pas plus contre-nature que toute ces ignominies, et si l’on suit toujours la définition que l’on a vu, un tel choix de vie semble au contraire bien plus logique, raisonnable et naturel.

 

Développement, évolution et santé

Cette question est un peu plus subtile, et mérite une réflexion plus poussée, mais aussi plus théorique. En effet, il serait quasiment impossible de démontrer le raisonnement qui suit scientifiquement; cela ne pourrait se prouver qu’en étudiant en détail plusieurs générations d’êtres humains, vivants toutes à l’état sauvage et sous des conditions de vie plus ou moins clémentes. Cela explique sûrement pourquoi cette réflexion est si intéressant!

Rappelons une chose: il a été prouvé, et ce de nombreuses fois, qu’une alimentation végétalienne bien menée ne posait aucun soucis de santé, que ce soit chez les bébés allaités, les enfant,  les adolescents, les adultes, les sportifs de haut niveau, les femmes enceintes et allaitantes, ou chez les personnes âgées, selon une étude menée par l’Association Américaine de Diététique, qui regroupe près de 72,000 diététiciens Nord-Américains. Autrement dit, une alimentation exclusivement végétale nous apporte tous les nutriments dont nous avons besoin pour vivre.

On entend souvent dire que la consommation de viande a été l’une des clés dans le développement de notre cerveau et de notre corps au cours de notre évolution. Jusque ici tout va bien, sauf que cette théorie va souvent de paire avec une autre: sans la viande, notre cerveau et notre corps n’auraient pas pu se développer correctement, jusqu’à devenir ce qu’ils sont aujourd’hui. 

En soi, ces deux idées sont tout à fait correctes, mais je pense qu’il est nécessaire de décortiquer ce raisonnement pour y voir plus clair.

Il est indéniable que, sans la viande, l’Homme n’aurait pas pu survivre. Comme je l’ai dit dans la première partie, la consommation de viande était, dans les périodes difficiles de notre Histoire, une véritable planche de salut pour notre survie. Grâce à la viande, notre espèce pouvait combler le manque de nourriture (plus précisément le manque de nutriments nécessaires à notre organisme) qui survenait parfois, comme par exemple lors de périodes glaciaires où les sources de nourriture se raréfiaient.

Mais il serait erroné de dire que la viande, dans un contexte purement théorique, est la seule manière dont nous disposons pour obtenir tous les nutriments nécessaires à notre organisme. En effet, comme nous l’avons vu au début de ce raisonnement, une alimentation végétale (à condition bien sûr qu’elle soit en quantité suffisante et suffisamment variée, comme tous les modes alimentaires) peut très bien nous apporter tous les nutriments dont on peut avoir besoin. Ainsi, si nos ancêtres avaient pu se nourrir exclusivement de végétaux, l’évolution de notre espèce  n’aurait pas été aussi différente qu’on le prétend de celle qu’elle a vécu grâce à la viande, de part le fait que l’on trouve tout ce qu’il nous faut dans les végétaux. En plus, ça rime!
En résumé, la viande est une excellente issue de secours en cas de pénurie alimentaire et a clairement été salvatrice pour notre espèce, mais elle ne constitue en aucun cas une nécessité absolue pour notre organisme et notre développement sur le long terme, les végétaux étant tout à fait apte à remplir la même fonction d’un point de vue nutritionnel.

 

 

Conclusions

  1. a) De l’intelligence à l’éthique humaine

Je vous avais dit, en introduction, que nous allions revenir sur notre éthique et notre morale un peu plus tard. Eh bien, nous y voilà.

Nombre d’animaux sont intelligents, et certains ont même une éthique qui leur est propre, comme le dauphin ou l’orque par exemple. Notre espèce est également doués d’intelligence et de réflexions morales, et nous aurions de fait tous intérêt à s’en servir davantage; en effet, aucune autre espèce ne se montre aussi dévastatrice et irrespectueuse que la nôtre envers son environnement, la Nature et ses habitants, et ce même à l’état sauvage.

Les animaux se comportent parfois même plus « humainement » vis-à-vis de leur environnement et des autres espèces que nous, qui sommes à deux doigts de causer notre propre extinction après avoir commis toutes les atrocités possibles et imaginables, et ce en dépit de notre capacité à réfléchir d’une manière plus éthique.
Or, nous savons que nous avons une morale et une conscience, et que celle-ci nous offre la possibilité de faire des choix plus respectueux et responsables. On pourrait même dire que, en tant que l’espèce la plus développée, nous nous devons de protéger notre planète avec les moyens dont nous disposons au lieu de nous y opposer en tant que tyrans destructeurs. Nous avons la capacité de construire un monde plus juste et égalitariste, que ce soit pour les animaux ou pour nous-même; l’enjeu est bien plus important et nous concerne tous, autant que nous sommes des êtres vivants sur cette magnifique planète. Il est grand temps d’apprendre de nos erreurs et de nous servir de notre morale!

  1. b) Le point le plus important


Au final, que retenir de tout ça? Que vous soyez d’accord ou non avec les différents raisonnements et idées énoncés ci-dessus, il y a un fait qui reste irréfutable: nous pouvons aujourd’hui nous passer de viande et des autres produits d’origine animale sans mettre en péril notre santé, tout en évitant d’exploiter, de faire souffrir et de massacrer des animaux et en préservant l’environnement. N’est-ce pas là le point le plus capital?

Sources:

– Dictionnaire « Le petit Larousse », édition 1998;

http://www.veganisme.fr/Images%20web%20site/position-AAD.pdf.

 

Melvin Faussot

5 commentaires à propos de “Aux origines de notre alimentation

  1. Bonjour,
    Vous dîtes dans cet article :
    « Rappelons une chose: il a été prouvé, et ce de nombreuses fois, qu’une alimentation végétalienne bien menée ne posait aucun soucis de santé, que ce soit chez les bébés allaités, les enfant, les adolescents, les adultes, les sportifs de haut niveau, les femmes enceintes et allaitantes, ou chez les personnes âgées, selon une étude menée par l’Association Américaine de Diététique, qui regroupe près de 72,000 diététiciens Nord-Américains. Autrement dit, une alimentation exclusivement végétale nous apporte tous les nutriments dont nous avons besoin pour vivre. »
    Or dans le numéro 2 de votre magazine, j’ai cru comprendre que se complémenter en vitamine B12 était absolument vital pour les personnes végétaliennes car l’alimentation ne suffisait pas.
    Pouvez-vous m’éclaircir ?
    Merci.

    1. Bonjour,
      La B12 n’est pas une vitamine ou autre élément que l’on peut trouver dans la nourriture mais une bactérie. Il n’y en a pas dans les animaux, ils sont supplementés, d’ou la nécessité de le faire si vous ne mangez pas de viande 🙂

    2. Bonjour,

      En effet, une alimentation exclusivement végétale apporte théoriquement tous les nutriments dont nous avons besoin, y compris la vitamine B12.

      Aujourd’hui, en pratique, c’est en effet quelques peu différent : la vitamine B12 est produite par des bactéries ; or, nos cultures de végétaux sont massivement traitées avec des produits phyto-sanitaires, qui détruisent insectes, champignons et bactéries, entre autres. Ainsi, nos cultures de fruits, légumes et céréales contiennent plus de B12 ou très peu, car les bactéries qui l’a produise sont tuées. La partie que vous avez citée n’est donc pas valable dans notre société moderne et noter méthode actuelle d’agriculture, elle l’est seulement en théorie.

      Il est toutefois vrai que la vitamine B12 est indispensable à notre organisme pour être en bonne santé. Les animaux d’élevages eux-mêmes sont supplémentés en B12 pour celles et ceux qui mangent de la viande, car ces animaux n’en produisent pas suffisamment naturellement. De fait, si une personne devient végane ou même végétarienne, il est fortement conseillé pour cette personne de se supplémenter autrement en B12, via des comprimés par exemple.

      Voilà, j’espère vous avoir éclairée sur le sujet. N’hésitez pas si vous avez d’autres questions, j’y répondrais volontiers. 🙂 Bonne journée / soirée !

      PS : Voici quelques sources d’informations complémentaires pour la vitamine B12 :
      > https://www.facebook.com/veganLSV/photos/a.1793539257577054.1073741828.1793495364248110/1824464474484532/?type=3&theater (informations de base à savori sur la B12) ;
      > https://www.facebook.com/groups/veganismevivelab12/ (groupe facebook dédié) ;
      > http://www.vivelab12.fr/ (site web dédié) ;
      > https://www.youtube.com/watch?v=Ao7R5gN79TU & https://www.youtube.com/watch?v=L57N50s0x5A (courts sketchs humoristiques mais néanmoins vrais et informatifs au sujet de la fameuse B12).

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