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Du lait et un désastre sans nom

J’ai été très surprise lorsque, dans un petit magasin de Munich en Allemagne, je suis tombée sur des préservatifs se disant véganes. Curieuse, je suis donc allée chercher sur Internet en quoi les capotes classiques ne le sont pas.

Il y a deux raisons :

Premièrement, lors du processus de fabrication, on utilise de la caséine, des protéines qui constituent la majeure partie des composants azotés du lait. Si la matière première est bien végétale, le produit fini ne l’est donc pas.

Mais ça ne s’arrête pas là.  Vous n’avez pas pu passer à côté des mots étroitement liés « huile de palme » et « déforestation, désastre écologique ».  Tout le monde ou presque connaît maintenant cette catastrophe sans nom et nombreux sont les véganes à ne pas consommer cette huile qui, de plus, est un poison pour notre santé. Mais il existe un autre désastre dont on parle beaucoup moins : celui de la récolte du caoutchouc et du latex, qui viennent d’un arbre appelé Hevea brasiliensis.

Un peu partout, les utilisateurs de caoutchouc vantent ses mérites : solide, naturel (oui, oui, ils osent !), il a aussi permis à l’Asie du Sud-Est de s’enrichir, contribuant au développement de la zone. Ce qu’on ne vous dit pas, ce sont évidemment les répercussions sur l’environnement : en Chine, au Vietnam, au Laos, en Thaïlande, au Cambodge et en Birmanie, les cultivateurs de caoutchouc ont rasé ou brûlé les forêts, et planté d’innombrables rangées d’Hevea brasiliensis. Je lis dans le National Geographic : « Ils sont en train de muer l’un des écosystèmes les plus diversifiés du monde en une monoculture aussi uniforme qu’un champ de blé de la Beauce. Ce qui pourrait menacer des fonctions écologiques de base dans une zone comptant des dizaines de millions d’habitants ». Ou dans Le Monde : «  Chaque été, des incendies d’origine criminelle réduisent en cendres des pans entiers de la forêt de Sumatra, au profit des industries de l’huile de palme, du caoutchouc ou du bois. Une catastrophe climatique et écologique qui ronge le territoire des Suku Anak Dalam, une tribu semi-nomade de la jungle […], parce qu’il est plus simple de couper quand c’est brûlé […]. C’est cette réalité qui détruit le mode de vie des Suku Anak Dalam, une tribu en Indonésie. “ La forêt est tout pour nous : le lieu de chasse et le logement.” »

Rien donc de très végane dans (la plupart des) préservatifs classiques.

Les alternatives véganes

J’ai été assez déroutée, car force est de constater qu’il n’existe pas de préservatifs faits avec d’autres matières que le latex. Pour parer à ceci, il est hors de question pour moi de recommander aux  femmes (et surtout aux plus jeunes) de prendre une pilule contraceptive, de se faire poser une puce, un stérilet, afin de lutter en faveur de l’environnement. La plupart des moyens de contraceptions féminins sont nocifs pour la santé, en plus de dérégler une bonne partie du fonctionnement du corps féminin (nous y reviendrons dans un prochain numéro). De plus, la meilleure des protections contre les M.S.T. et les grossesses non désirées, outre l’abstinence, reste la combinaison. À choisir, je préfère encore les capotes “fair trade”.

Voici donc quelques marques intéressantes :

GLYDE

Approuvé par la Vegan Society et PETA. Pas de P.O.A., aucun test sur les animaux (ils précisent que la caséine est remplacée par un extrait de chardon).

FAIR SQUARED

Approuvé par PETA et d’autres labels dans d’autres pays (FLO par exemple). Issu du commerce équitable.

EINHORN

Répondent aux critères de sécurité et d’éthique les plus stricts et partagent une partie des recettes avec des associations de bienfaisance locale.

Pour finir, l’importance de la protection.

Si vos parents refusent de vous procurer des préservatifs (« et en plus des véganes, t’es tombé sur la tête ou quoi »), le Green Condom Club livre gratuitement et discrètement des préservatifs par courrier, partout dans le monde (Glyde principalement). Il est possible d’acheter un lot unique ou de s’abonner.  Vous pouvez les faire livrer chez vous, dans un point relais, chez votre médecin ou gynécologue, dans une boîte postale ou chez une personne de confiance.

En cas d’urgence, la pilule du lendemain doit être prescrite quel que soit votre âge et sans poser de question. Si un pharmacien refuse, ou demande une pièce d’identité, il enfreint la loi. Rappelez-le lui, allez voir ailleurs et n’hésitez pas à le dénoncer à ses confrères ou la police.

Mais le mieux est évidemment d’éviter d’avoir à en arriver là. Si le prix des  préservatifs est hors budget ou que vos parents refusent de vous en acheter, n’oubliez pas que vous êtes deux, partagez donc les frais. N’hésitez pas non plus à demander un peu d’argent à une personne de confiance.

S’il vous plaît, ne faites pas l’erreur de croire que « une fois n’est pas risquée », c’est absolument faux. De plus, les avortements et la parentalité trop jeune peuvent être traumatisants, et les M.S.T. courent toujours. On a banalisé ces problèmes, hors ils peuvent vous gâcher la vie. Protégez-vous, toujours.

Si aucune solution pour vous procurer des préservatifs véganes ne peut être trouvée, il vaut mieux des non-véganes que rien du tout.  

Sources :

2 thoughts on “Capotes véganes : On peut baiser sans tuer !

  1. Bon article complet. Ça aurait pu être intéressant aussi d’avoir une fourchette de prix pour ces alternatives veganes afin de comparer directement grâce à l’article. Petite précision, il existe bien des préservatifs sans latex puisque certaines personnes y sont allergiques. Cela dit, je ne sais pas ce qu’ils utilisent à la place.

    1. Merci ! 🙂

      > Effectivement ; les prix se situe en moyenne entre 5 et 10€ pour une dizaine de préservatifs, en fonction des marques et leurs spécificités (par exemple, les emballages des préservatifs de la marque « Einhorn » sont ornés de dessins et graphismes, ce qui fait monter les prix). Voici quelques liens pour y voir plus clair :

      – Préservatifs « Glyde » : http://www.unmondevegan.com/preservatifs,fr,3,72.cfm
      – Préservatifs « Fair Squared » : http://www.fairsquared.info/fr/fairtrade-products-fr/preservatifs-fr/
      – Préservatifs « Einhorn » : https://www.kisskiss.ch/fr/einhorn-preservatifs-shop

      > Pour ce qui est des préservatifs sans latex, il en existe bel et bien, en effet ! Ce dernier peut être remplacé par du polyuréthane, ou par du latex modifié (déproténéisé), afin que la substance responsable des allergies ne soit plus présente dans le produit fini. Toutefois, les matières utilisées pour ces préservatifs sans latex ou « anti-allergies » restent dérivées du caoutchouc, qui on l’a vu est source de déforestation, entre autres. Après quelques recherches, il ne me semble pas qu’il existe des préservatifs véganes et sans latex ou substances allergisantes, mais je peux (et j’espère) me tromper ! 🙂

      Voilà, j’espère t’avoir apporté quelques précisions intéressantes. Merci pour ton commentaire, en tout cas ! Passe une bonne journée. 🙂

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