Devenir un.e expert.e en débusquage de vraie fourrure !

Chaque année, des millions d’animaux sont maltraités, exploités et tués dans des conditions ignobles, pour faire « de jolis manteaux chauds ». L’hiver est arrivé et les vêtements chauds sont ressortis des placards. Au milieu des doudounes et bonnets, je me désole de voir autant de fourrure animale portée et si peu de gens informé.e.s. Mais contrairement aux idées reçues il est plutôt simple de différencier une vraie fourrure d’une fausse afin de ne pas se faire avoir par des commerçant.e.s malhonnêtes ou non renseigné.e.s.

Alors, comment faire ses achats en connaissance de cause ?


Qu’est-ce qui permet de distinguer la vraie fourrure de la fausse ?

L’aspect :

par Clem Onojeghuo sur Unsplash

La vraie fourrure est fluide et bouge en suivant le mouvement de la personne qui en porte, elle comporte généralement une base de duvet épais et fourni, mate et des poils plus longs brillants qui dépassent, mais peut être égalisée. Les poils sont lisses et souples. La fausse fourrure au contraire ne bouge presque pas selon sa qualité et forme souvent des paquets de poils qui peuvent être tordus ou emmêlés.

 

Au toucher :

La vraie fourrure est très douce et n’accroche pas aux doigts contrairement à la synthétique qui est plus rêche. La vraie fourrure a également une base en cuir qu’on distingue en écartant les poils.

Test du feu :

Si possible, arracher quelques poils de la fourrure puis les brûler. La vraie fourrure va dégager une odeur organique similaire à celle de cheveux humains qui brûlent et former des cendres qui se désagrègent. La fausse fourrure va quant à elle dégager une odeur chimique de plastique brûlé et produire des billes de plastique dures. Ce test est très fiable si vous avez un réel doute.

Test du souffle :

En soufflant sur de la vraie fourrure, les poils s’écartent sans effort et laissent voir le cuir. La fausse en revanche reste en place. Test de l’aiguille : Si possible, planter une aiguille à la base de la fourrure. Elle transpercera sans effort la base de la fausse fourrure mais il faudra forcer pour celle de la vraie, car la base est en cuir.


Qu’est-ce qui ne permet pas de distinguer la vraie fourrure de la fausse ?

Le prix :

La vraie fourrure peut ne pas être chère contrairement à l’idée reçue trop répandue de son prix élevé. On peut en trouver facilement qui soit moins chère que de la synthétique car malheureusement certains animaux élevés dans des conditions déplorables sont tués pour de la fourrure à bas prix (lapins, chiens viverrins…).

L’étiquette :

Eh non, on ne peut même pas se fier aux étiquettes ! En effet, certaines étiquettes mentionnent l’usage de vraie fourrure en mettant le nom de l’animal tué (pas toujours le bon, sachant que « raccoon » ne désigne non pas de la fourrure d’un raton laveur mais bien d’un chien viverrin (« raccoon dog » en anglais), ce qui permet au passage de ne pas rebuter le consommateur qui aurait l’impression de porter son chien en capuche). D’autres laissent juste un grand vide en ne mentionnant simplement pas les composants de leur fourrure. L’étiquette peut également contenir uniquement une mention « Contient des matières animales non textiles« , ce qui reste très flou, surtout sur un manteau fourré avec des plumes d’oies ET comportant de la fourrure. On a également vu des cas de fourrures étiquetées comme du synthétique qui se sont en fait avérées être des fourrures animales. Le mieux reste encore de savoir soi-même faire la différence et de ne pas acheter en cas de doute.

La couleur :

Attention, la fourrure animale comme toute fourrure peut être teinte. On peut ainsi trouver des vraies fourrures rouges, noires, roses, bref : de toutes les couleurs possibles.

Les vendeur.euse.s :

Certain.e.s ne savent simplement pas qu’ils vendent de la fourrure animale et connaissent mal leurs produits, d’autres peuvent être malhonnêtes pour faire acheter. J’ai personnellement vu des cas de connaissances qui pensaient sincèrement porter une fourrure synthétique car un vendeur leur avait assuré ne pas vendre de fourrures animales, qui peinaient à me croire quand je leur expliquais qu’on leur avait menti.

 


Voilà, avec ce petit guide vous avez à présent les bases pour devenir un.e expert.e en débusquage de vraie fourrure. Attention : quand on apprend à faire la différence ça porte généralement un grand coup au moral car on se rend compte qu’en fait, plein de gens en portent. Mais alors vraiment plein. Avant d’apprendre, je pensais naïvement que bien qu’étant peu avancé.e.s au niveau des élevages pour la nourriture on avait au moins réussi à enterrer le problème de la fourrure et à le réserver à quelques personnes vieilles et riches d’un autre temps. C’était un grand plongeon dans la réalité que de voir des gens lambda, des jeunes, des ami.e.s, de la famille, parfois des enfants en porter. Alors on est dégoûté.e, on discute, on explique, pas mal de gens ne savent même pas qu’iels ont les restes d’un animal mort sur le dos et tombent des nues. N’hésitez surtout pas à informer le plus de gens possible, certain.e.s savent pertinemment ce qu’iels portent mais la plupart ne sont juste pas renseigné.e.s. Pour les animaux, apprenez-leur à faire la différence afin ne pas contribuer les yeux fermés au massacre des animaux qui terminent sur des capuches, des chaussures, des bonnets.

Ci dessous une vidéo qui peut vous aider à expliquer le problème de la fourrure a vos proches :

Lien facebook de la vidéo via Mode sans Fourrure.

Auteure : Calypso – Son Twitter

Un commentaire à propos de “Devenir un.e expert.e en débusquage de vraie fourrure !

  1. Merci pour cet article très complet. Une amie m’avait déjà expliqué tout ça, et c’est vrai que c’est une horreur quand on se rend compte de toute la fourrure qui nous entoure.. Envie de vomir !

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