Photo by Latjo Kanel on Unsplash

Le co-avionnage, ou comment j’ai pu participer au sauvetage d’un chien

Pour être tout à fait correcte, je n’ai pas sauvé un mais deux chiens. Il est même possible de participer au sauvetage de chats ! Peut-être vous rappelez-vous mon témoignage sur ma vie de végane à l’île de la Réunion, dans lequel j’évoquais le co-avionnage ? A cette époque, j’envisageais d’aider un animal à rejoindre sa nouvelle famille d’adoption, opération que j’ai donc pu réaliser lors de mon retour en métropole.

 

Qu’est-ce que le co-avionnage ?

Tout démarre lorsqu’une amie me partage un article exposant le principe du co-avionnage. Afin de secourir les innombrables chiens et chats errants sur la Réunion, les différentes associations et structures de protection animale font appel aux nombreux touristes de passage sur l’île en leur proposant, lors de leurs vols retour, le rapatriement d’animaux vers la métropole pour leur permettre de rejoindre leurs nouvelles familles.

Ce rapatriement ne représente aucun coût supplémentaire pour le voyageur, les frais étant pris en charge par les associations bénévoles, qui bénéficient de tarifs avantageux avec les différentes compagnies aériennes. Après une prise de contact avec une des associations demandeuses, la cage transportant le ou les animaux sera enregistrée avec le billet du voyageur volontaire, cage qu’il récupérera une fois arrivé pour être remise à une association partenaire en métropole, voire aux nouveaux adoptants.

Cette solution a été mise en place face au nombre croissant d’abandons et de mauvais traitements infligés aux animaux errants sur toute l’île.

 

La condition animale à la Réunion.

Bien que les abandons d’animaux soient un véritable fléau en France métropolitaine, notamment à l’approche des grandes vacances, le cas de La Réunion est beaucoup plus préoccupant comme l’indiquent ces chiffres :

  • sur presque 900.000 habitants, on compte environ 300.000 animaux abandonnés (soit 1 animal abandonné pour 3 habitants !)
  • plus de 13.000 euthanasies par an (chiens/chats) soit 18% des euthanasies pratiquées sur le sol français pour la seule île de La Réunion !
  • un arrêté préfectoral fixe à 4 jours le temps de détention d’un animal non identifié à la fourrière et à 8 jours un animal identifié !
  • sur un trajet de 60 km vous ne rencontrez pas moins de 2 cadavres de chiens et 2 cadavres de chats.
  • une moyenne de 7 000 cadavres de chiens et de chats sont ramassés chaque année (et on ne compte pas ceux qui ne sont pas ramassés et qui pourrissent tranquillement, mais non plus ceux qui sont balancés dans les ravines !)

Données recueillies sur le site de l’APPAR (Agir Pour Protéger les Animaux Réunionnais)

Cette situation catastrophique s’explique par le désintérêt presque général des populations locales concernant la condition animale, indifférence qui s’accompagne de plus en plus de déclarations virulentes contre les animaux errants. La blogueuse réunionnaise et végane Absinium revient sur les propos du maire de la ville du Tampon à l’encontre de chiens ayant attaqué des animaux d’élevage, propos qui auront eu pour effet de libérer la parole haineuse de nombreux habitants de l’île. De surcroît, les actes de cruauté et de barbarie perpétrés contre les animaux sont fréquemment dénoncés, une simple recherche sur les sites d’informations de l’île peut témoigner d’un important nombre d’affaires de maltraitance.

Fort heureusement, les associations de protection animale sont considérables sur l’île et revendiquent le droit de vie aux animaux abandonnés. Il est courant que la solidarité et l’entraide se mettent en place pour mettre en sûreté les victimes des abandons, notamment sur Facebook.

 

4 juin 2017 : vol UU0971 à destination de Paris Charles De Gaulle.

Quelques jours avant mon départ, je prends contact avec une association via le groupe Facebook Co-avionnage 974. Auparavant, j’avais pris l’initiative de me renseigner auprès de la voisine de mon compagnon, qui fait office de famille d’accueil. Il s’avérait que l’association dont elle fait partie prévoyait le rapatriement de 3 chiots, et avait pu trouver des volontaires. A la suite de ça, j’ai répondu à un autre appel sur le groupe cité plus haut et je me suis portée volontaire pour rapatrier deux chiens.

Ma compagnie, Air Austral, accepte généralement l’enregistrement d’une cage de transport d’animaux. Une fois la date et l’heure de départ connues, l’association s’occupe de réserver le bagage supplémentaire. Le jour du départ, je retrouve un des bénévoles et fais la connaissance de mes deux compagnons de voyage. Les frais sont payés par l’association, puis j’enregistre mes bagages et la cage de transport. Cette dernière sera en soute et passera par une autre zone d’embarquement. J’ai pour responsabilité durant le voyage de garder les carnets de vaccination et de prendre contact avec les accueillants sur Paris.

Le vol dure 11 heures et bien évidemment je m’inquiète pour les animaux. Le bénévole m’a indiqué que l’association préfère faire voyager plusieurs animaux ensemble, pour qu’ils soient moins stressés. Stress qui sera inévitable pour eux, mais avec l’espoir de vivre une meilleure vie en métropole.

On m’a indiqué qu’à destination, les cages seront déchargées en priorité et que je pourrai récupérer la mienne rapidement, ce qui fut le cas. Les animaux sont excités et apeurés, comme l’indiquent leurs couinements. Je les rassure du mieux que je peux et en attendant l’arrivée de mes bagages, d’autres voyageurs ne manquent pas de les tranquilliser.

Nous sortons enfin de la zone de débarquement pour facilement retrouver une des adoptantes qui est directement venue de Lyon (si je ne m’abuse). Elle est enthousiaste et ravie de rencontrer son protégé. Une famille d’accueil nous rejoint pour prendre en charge le second voyageur. Une fois libérés, nous les sustentons. Je reste quelques minutes avec eux pour m’assurer que la relève est prise. Aucun doute, une vie remplie d’attention et d’amour les attend.


 

Si vous êtes de passage sur l’île ou connaissez une personne qui prévoit de s’y rendre, rappelez-vous le co-avionnage et la possibilité de venir au secours d’un animal abandonné. Je vous partage de nouveau le groupe Facebook dédié et la page de l’association auprès de laquelle je me suis portée volontaire : “Vivre Libre” . Les appels à l’aide y pullulent.

C’est un acte encourageant et plein d’espoir de savoir qu’on a pu contribuer au mieux-être d’un animal. Pour donner suite à ce récit, je vous invite à lire les témoignages de Marina du Blog Bleu, qui nous décrit son récent bonheur d’offrir de l’amour et de la protection à sa petite chienne, qui a pu bénéficier du co-avionnage.

 

Saoyiste

Laisser un commentaire