La marche pour la fermeture des abattoirs

L’événement n’est pas passé inaperçu sur les réseaux sociaux. En effet, organisée dans plus de 20 villes partout dans le monde et relayée par l’association L214, la marche pour la fermeture des abattoirs avait lieu à Paris ce samedi 10 juin. Camille aka Saoyiste et Marie-France aka AccroEnDroit y étaient présentes et vous en font leur compte-rendu.

Pour Saoyiste, c’était le retour dans la sphère végane parisienne, après plus de 6 mois passés dans l’hémisphère sud :

“Il n’y a pas à dire, Paris propose son lot d’événements véganes et antispécistes. Cela m’avait manqué. Je décide de me rendre à cette marche qui me permettra aussi de rencontrer Marie-France pour la première fois, contributrice comme moi sur le site de “Le Tofu te Parle”. C’est quand même chouette de mettre une tête sur un pseudo !

J’arrive sur les coups de 13 h sur la place de la République. La moitié du lieu est consacrée à la Vegan Place, qui sert de point de départ à la manifestation. C’est aussi une première pour moi.

Avec M-F, on avait décidé de se rejoindre au stand des gaufres véganes ! Malheur pour mon porte-feuille mais véritable délice pour mes papilles. A peine arrivée, j’en dévore une illico presto. N’étant pas joignable sur mon portable, nous nous étions précisé avec M-F nos tenues respectives pour facilement se retrouver. Miracle, je la repère avec son compagnon et me jette sur eux !

Suite aux présentations et embrassades de rigueur, nous explorons les lieux. Je reconnais quelques têtes, des associations et marques souvent présentes aux événements véganes de Paris.

Un bénévole nous distribue des affiches représentant un requin avec un coeur, elles nous seront utiles lors du lancement de la marche. En observant d’autres participants, je remarque que plusieurs animaux sont représentés, une poule et un cochon notamment.

Vers 14 h, Brigitte Gothière, co-fondatrice de L214, s’installe en haut d’un fourgon et prend le micro. La foule est en émoi. Ses paroles résonnent devant l’immense statue siégeant au centre de la place. Brigitte nous rappelle ô combien notre cause est importante pour tous les animaux de la Terre, non-humains et humains, que notre combat a toute sa place et que nous ne lâcherons rien. Une phrase revient sur le procès intenté contre des membres de L214. C’est à ce moment-là que j’en prends connaissance. Le public réagit en désapprouvant cette action en justice. Puis vient le moment où nous sommes appelé.e.s à lever nos pancartes, en hommage aux milliards d’animaux victimes de l’exploitation engendrée par les humains. L’émotion est présente et je réalise une fois de plus que ma place est ici. Son discours nous rappelle que peu importe nos actions au sein de notre cause, elles se valent et sont autant de soutiens aux animaux.

C’est ensuite au tour de Res Turner d’intervenir. Je peux ainsi mettre un visage sur un nom qui est souvent apparu dans mes timelines. Pour l’occasion, Res Turner a rédigé un slam : « Il pleut du sang sur mon pays ». Vous pouvez le retrouver sur sa page Facebook (lien).

La foule est stimulée pour entamer la marche sous les meilleurs auspices. Le premier fourgon entame sa course suivi par les banderoles et les tambours. Les animateurs commencent à scander les slogans. Fort heureusement, j’avais pu récupérer un flyer les répertoriant. Avec M-F et ses compagnons, nous avons essayé de suivre les paroles, ces dernières ne suivant pas forcément celles rédigées sur notre papier. Cela nous a valu quelques rigolades. Nous avons suivi la toute fin du premier cortège.

Pour ma part, j’ai été enchantée de voir la diversité des participants : des jeunes, des plus âgés, des blancs, des noirs, des asiatiques, des hommes, des femmes, des valides, des non-valides, des amis, des couples, des familles, des solitaires. Tous rassemblés pour la même cause. Mon radar féministe a quand même été déçu de voir uniquement des citations d’hommes présentées sur des pancartes. Ce n’est pas faute d’avoir eu dans l’Histoire des femmes d’exceptions engagées sur les droits des animaux (cf Marguerite Yourcenar, Alice Walker, Brigid Brophy, Ruth Harrison, Martina Navratilova…).

Happening

Il fait chaud et cela ne me pose pas de problème, mais je comprends que M-F et ses compagnons préfèrent marcher dans l’ombre, surtout que les quelques happenings où nous sommes invités à nous allonger sur le bitume se déroulent sous un soleil de plomb.

Quoi qu’il en soit, la marche se déroule bien, l’équipe des bénévoles prenant soin de bien nous cadrer et même de “protéger” des débordements quelques lieux sensibles présents sur notre passage : des boucheries ou détaillants en cuir.

A la toute fin de la marche, nous quittons le cortège ensemble afin de profiter du peu de monde sur la place pour nous octroyer d’autres gaufres. Et ce n’est pas une mais deux gaufres que j’engouffre littéralement dans mon estomac. Et même pas mal ! La marche, ça épuise, je devais reprendre des forces. J’ai été ravie de faire partie de la marche et de réaliser que notre cause était de plus en plus suivie. Les animaux en valent la peine !”

Et voici comment AccroEnDroit a vécu cette expérience et surmonté la chaleur :

“Samedi, j’ai participé à la marche pour la fermeture des abattoirs avec Camille mais aussi mon chéri et un ami. Une Vegan Place a commencé à midi sur la place de la République, là où débutait la marche. Après avoir acheté un sandwich, un brownie chez Veganfolies et un livre chez “Collection L’âge d’Homme”, j’ai retrouvé Camille au stand des gaufres. C’était ma deuxième Vegan Place et ce qui est agréable, c’est cette ambiance, ce vivier d’associations. On peut parler à tout le monde. Il y a toutes les générations confondues, tous les styles. On se rend compte que le véganisme, ce n’est pas une affaire d’âge ou de classe sociale. C’est un mouvement pour les animaux qui peut toucher tout le monde.

Commencer par le côté que je qualifierais de « happy » du véganisme -la nourriture, les stands d’associations- était une belle manière de commencer cet événement quand on est sensible et que l’on a du mal à se confronter à la réalité violente que subissent les animaux.

L’ambiance était sympathique mais il faut l’avouer très chaude quand sur les coups de 14 h, les personnes présentes se sont réunies pour écouter le discours de Brigitte Gothière.

Le discours était très touchant. Il est possible de le retrouver sur la page Facebook de l’association L214. Il était fédérateur concernant le militantisme végane qui prend de multiples formes. Elle a surtout parlé de la place des animaux. Après le côté festif de la Vegan Place, c’était comme un retour à la réalité cruelle de notre monde que d’entendre ce que l’on fait subir aux animaux sachant qu’une alimentation végétalienne est adaptée à tous les âges de la vie. En plein milieu de la place de la République ensoleillée et remplie, nous avons levé des panneaux qui nous avaient été distribués avec des animaux et leurs cœurs rouges. Ce discours m’a rappelé pourquoi j’étais venue manifester. Il était motivant, cruel par sa réalité et dénonciateur. Après ce discours acclamé, ce fut au tour de Res Turner de nous faire part de son slam « Il pleut du sang sur mon pays » disponible aussi sur sa page Facebook. Ce discours puis ce slam m’ont émue par leurs paroles mais aussi parce que les personnes qui les ont prononcés, mais aussi les personnes présentes autour de moi pour marcher, le faisaient pour les animaux.

Après cela, la première partie du cortège est partie (ce qui a bien bloqué les voitures autour de la place République, c’était drôle). Nous étions à la fin de cette première partie, ce qui fait que nous avons plus suivi les slogans prononcés par la seconde partie du cortège. Heureusement, une petite feuille nous avait été distribuée afin de nous faire connaître le parcours emprunté ainsi que les slogans pour que nous puissions nous aussi les reprendre. Ils n’étaient pas toujours suivis ce qui a permis des moments de rire dans une marche qui rappelait les millions de morts.

Durant la marche, il a fait très chaud quand nous n’étions pas à l’ombre (et nous sommes plusieurs à être revenus avec de beaux coups de soleil). Elle était entrecoupée de moment « happenings » où une marche funèbre jouait dans les enceintes, accompagnée des cris des animaux. J’ai beaucoup de mal avec les vidéos violentes que je ne regarde jamais bien longtemps quand les animaux crient et souffrent et les entendre était aussi difficile.

La marche était pacifique. Il y a eu des « bouh » hurlés devant des boucheries ou des magasins de cuir, des slogans marqués à la craie. Dans le cortège, il y avait des militants avec des panneaux, des images, des slogans, des phrases de gens célèbres, des banderoles aussi de certaines associations. Nous reprenions en cœur les slogans en nous demandant comment faisaient les personnes au micro sur les voitures du cortège pour tenir toute l’après-midi ainsi !

La marche a bien duré deux heures et nous y avons croisé, Camille et moi, des gens que nous connaissions, preuve que ce monde est encore un peu petit malgré une augmentation du nombre de personnes venues marcher. Nous étions plus de 3 000 cette année.

La marche a fait une boucle afin de revenir à République et finir sur différents discours des associations présentes pendant la Vegan Place. Leurs mots étaient tous pour les animaux, tout comme notre marche. C’était une belle façon de clôturer la marche qui était, à cause de la chaleur, épuisante mais grâce à toutes les personnes présentes, plus que motivante pour continuer notre combat contre le spécisme, pour eux, les animaux.”

Saoyiste et AccroEnDroit

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