POURQUOI JE SUIS DEVENU.E VÉGANE…

mais pas du jour au lendemain (parce que non, ce n’est pas si easy d’être veggie).

Lassée d’entendre encore et encore certains véganes dotés d’un ego surdimensionné culpabiliser les gens avec des “oui mais moi je suis devenue végane en moins d’une heure, alors tout le monde peut et doit le faire”, j’ai demandé aux gens sur Twitter de me raconter leur parcours. Parce que OUI, parfois, on ne peut pas changer entre 18h et 19h, comme ça, même par justice.

Voici :

Témoignage d’ @Enair_wolf

Tout d’abord je suis devenue végétarienne il y a 2 ans suite au documentaire Cowspiracy.

J’ai regardé ce docu puis je suis devenue végétarienne du jour au lendemain. J’ai arrêté la viande, le poisson et toute activité liée à l’exploitation animale. Il restait cependant les produits laitiers à supprimer de mon alimentation.

Quelques mois auparavant, j’avais réussi à réduire ma consommation de lait et autres dérivés (mis à part le fromage) mais mon réel déclic s’est produit il y a un mois. J’étais en stage chez une vétérinaire mixte (activité canine et rurale) dans le cadre d’une formation, puis un jour la vétérinaire a dû être envoyée sur une urgence et elle a tenu à m’emmener avec elle. Un agriculteur l’avait appelée car une de ses (nombreuses) vaches venait de mettre bas mais elle avait eu un retournement de matrice (son utérus s’est renversé et était apparent).

Passé le choc de voir un utérus complètement sorti d’un être-vivant en arrivant sur les lieux, j’ai été confrontée à tout autre chose. Premièrement, l’agacement de l’agriculteur parce que oui, le vétérinaire ça coûte de l’argent. Puis deuxièmement et selon moi le plus important : l’amour que porte la vache à son veau. J’avais déjà entendu parler de ce lien et vu quelques images à ce propos dans les documentaires que j’ai pu voir, mais en réalité c’est encore plus fort. La vache a dû être séparée de son bébé le temps de la manipulation et ce sont les éleveurs.euses qui s’en sont chargé.es (sans aucune douceur) et la vache aussi bien que son veau se débattaient pour être près l’un de l’autre. Ils n’ont été séparés que par une petite barrière par laquelle le veau pouvait passer sa tête pour coller son petit nez à celui de sa maman, et pendant toute l’intervention la seule chose qui préoccupait cette mère était de lécher son veau, peu importe la douleur qu’elle pouvait ressentir. J’étais au premier plan de cette scène car je tenais la queue de la vache pendant que la vétérinaire remettait son utérus en place et je n’ai pas pu retenir mon émotion. A cause de l’amour qu’elle apportait à son veau mais aussi à cause du fait que j’étais responsable de la séparation de centaines (si ce n’est pas plus) de vaches de leurs veaux, juste pour un plaisir égoïste.

Depuis ce jour, j’ai commencé à développer un dégoût pour tout produit laitier au point d’en arriver à une consommation zéro (j’ai aussi développé un dégoût pour toute autre personne me disant qu’un.e éleveur.se « aime ses bêtes », mais ça c’est encore autre chose).

On pense souvent qu’une transition au véganisme est la chose la plus difficile alors qu’avec quelques informations, ça devient la chose la plus facile. On développe plusieurs automatismes même au bout de quelques semaines. On peut aisément trouver de nombreuses recettes, que ce soit en livres, sur des sites ou même sur Youtube. Et on trouve toujours des alternatives aux produits animaux, que ce soit dans l’alimentation, l’habillement ou autre.

C’est juste un minuscule effort de notre part mais bel et bien un énorme pas pour la fin de l’exploitation animale.

 

Témoignage de @BloomingMercury

Pour placer un peu le contexte, ça fait presque 6 mois que je suis totalement végétarienne et que je tends de plus en plus vers le véganisme !

Comment je le vis ? Assez bien, pour faire simple ! En fait, ma famille l’a plutôt bien accepté (même si mon père s’inquiétait beaucoup au début, il avait peur que je maigrisse trop… ce qui n’est pas arrivé haha) et mes ami.es ont aussi vu ce changement comme positif.

Malgré tout (et comme tout le monde je pense), j’ai eu beaucoup de remarques ou de « blagues » qui ne font même pas rire la première fois, mais je n’y prête plus attention.

De mon côté, à partir du moment où j’ai compris que je mangeais des êtres sentients et que c’était injuste, le fait d’arrêter de manger de la viande et du poisson a été une sorte de « libération ». J’avais limite l’impression d’avoir un poids en moins sur la conscience !

Pour ce qui est de l’alimentation, je mange beaucoup plus équilibré depuis que je suis devenue végétarienne. J’ai appris à cuisiner moi-même et j’ai (re)découvert des aliments que je refusais de manger ou que je ne connaissais pas. Il m’arrive aussi de plus en plus à cuisiner pour des ami.es, qui sont ravi.es de découvrir que n’importe quel plat peut être cuisiné sans viande ou produit laitier.

Je suis aussi beaucoup plus impliquée dans l’achat des aliments (alors qu’avant, seule ma mère s’en chargeait), comme ça je peux vérifier la composition directement. C’est comme ça que j’ai pu supprimer tous les produits animaux de mon alimentation !

D’un point de vue du développement personnel, je pense que c’est aussi une étape importante de prendre en main son alimentation. Je sais ce que je mange et ce qui est bon pour moi, et je sais comment me faire à manger sans avoir besoin de compter sur les autres (et sans nuire aux autres) !

Malgré tout, je ne suis pas encore totalement végétalienne car c’est parfois compliqué pour moi de manger chez des gens (notamment cet été où j’ai passé deux mois chez de la famille et des ami.es) car iels n’ont souvent pas de quoi remplacer les produits laitiers ou alors ne savent pas comment s’y prendre. J’essaye dans tous les cas de les aider mais ce n’est pas toujours une mince affaire. ^^

 

Témoignage de @july2539

J’alternais depuis une dizaine d’années entre une alimentation flexitarienne, pesco-végétarienne et végétarienne. Je suis végétalienne depuis ce printemps.

Le manque de connaissances, d’informations, l’influence des lobbyings sur le sujet ainsi que la pression sociale très présente encore aujourd’hui en France, m’empêchaient de « franchir le pas » pour de bon.

Lorsque nous prenons cette décision (mûrement réfléchie en ce qui me concerne) sur un thème encore assez tabou, nous savons qu’il y aura de nombreuses réactions, étonnées, circonspectes, voire même franchement défavorables de la part de notre entourage.

Je pense qu’il est vital de nous instruire pour pouvoir y répondre, rassurer, voire dans le meilleur des cas, sensibiliser les autres à notre cause. J’ai eu droit à quasiment tous les commentaires possibles, du plus légitime au plus désagréable : le fameux cri de la carotte, les carences, l’argument selon lequel l’humain a toujours mangé de la viande, ainsi que les fameuses remarques « tu ne manges que des graines », « tu es tombée Vegan » , « ce que tu fais ne sert à rien », etc. Je me sens même encore aujourd’hui « infantilisée »  lorsque l’on me tient un discours parfois moralisateur, ce qui est difficile à accepter, à presque 40 ans…

Je possède, depuis toute petite, une certaine sensibilité qui me fait souvent m’interroger sur le sujet et sur le manque de bienveillance du monde de façon générale.

J’ai grandi au sein d’une famille qui travaillait dans l’alimentation, dont, entre autres, la vente de « produits » comme le poulet de Bresse. Adolescente, j’ai même vécu quelques temps au dessus d’un abattoir. Mon environnement n’était pas un terrain favorable au végétalisme, bien qu’ayant toujours eu des compagnons de route, chat ou chien.

J’ai donc commencé par lire divers ouvrages, le premier étant le renommé Faut-il manger des animaux de Jonathan Safran Foer en 2012 puis tout ce qui touche de près ou de loin au domaine de la santé et le problème des fameuses carences (B12, calcium, protéines, créatine, etc). J’ai assisté à certaines conférences et débats également (VeggieWorld, le Monde) et je vois bientôt en consultation le Docteur Bernard Pellet (médecin nutritionniste lui-même végane) pour ma fille de 3 ans (qui est carniste, pour le moment) et moi.

Le choix de devenir végétalien.ne ou végane implique un réel travail sur notre ego. La personne carniste en face, du moins sa conscience, se sent irrémédiablement et légitimement attaquée, lorsqu’elle apprend ce choix. De mon expérience, le plus souvent les questions viennent de l’initiative de mes interlocuteurs.trices, car j’amorce rarement le sujet surtout lorsque je sais que ces dernier.es ne seront pas réceptifs.ves et pourraient même très mal accueillir cela.

Ce cheminement m’a fait réaliser à quel point nous sommes tous interconnecté.es, combien nous nous influençons les un.es les autres et l’importance de rester, quoi que l’on nous dise, dans cette recherche de bienveillance, qui manque cruellement à ce monde encore profondément spéciste. Je fais aussi des erreurs, et j’apprends un peu plus chaque jour à faire preuve d’assertivité, qualité la plus délicate à mettre en pratique dans cette démarche.

Être végane est devenu pour moi une évidence, le minimum que nous devons aux animaux et à cette planète, qui n’a jamais été notre « possession ». Il y a tout un « conditionnement » à repenser, un éveil nécessaire des consciences, car on ne nous apprend malheureusement pas dès notre plus jeune âge à ressentir de la compassion envers tous les êtres sensibles.

Et puis Noël approche, période que je redoute le plus. Ce sera tout de même l’occasion pour moi de tester une recette de « faux gras » ;).

 

Témoignages recueillis par Noita.

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