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AVANT LE TATOO

Tatoo ou pas tatoo, telle est la question et chacun a son opinion sur le sujet.
De mon côté, j’en rêvais depuis pas mal de temps. Je me suis posé beaucoup de questions, notamment les classiques : « Quoi, où, par qui, est-ce-que ça fait mal ? », et « est-ce-que je veux vraiment marquer ma peau à jamais ?», et… : « Est ce-que c’est végane ? ». Tous les tatouages qui défilaient devant mes yeux me donnaient l’envie furieuse de les calquer sur mon propre corps. Certains sont de véritables chefs-d’œuvre sur lesquels on n’oserait même plus poser ses doigts.

Mais avec le temps, ma réflexion s’affine. Ce n’est pas tant quelque chose de joli qui m’attire que quelque chose de symbolique. J’ai d’abord pensé à un bidule en rapport avec le véganisme, puis j’ai appris que j’étais un zèbre (personnalité à haut potentiel), ça tombe bien, c’est un animal que j’aime beaucoup donc…:

 

Je ne sais plus comment j’ai croisé la route d’Enzo mais son travail, visible sur la page Facebook, m’a plu. On a parlé ensemble via Messenger de ce que je pourrais faire. J’ai beaucoup apprécié qu’il ne me presse pas. Quand je lui ai demandé s’il préférait tel ou tel dessin et où était le meilleur endroit pour me faire tatouer, il m’a dit quelque chose comme : « Si je te réponds, je risque de choisir pour toi, et tu pourrais le regretter ». Avec pas mal d’appréhension, je lui ai parlé des encres : je ne souhaitais pas d’encres avec des produits d’origine animale ni testées sur les animaux. Il me dit pas de problème, ma collègue est végane, elle veille de près à ce genre de chose et de plus, dans un futur proche (qui est le présent maintenant), nous ne vendrons que des soins après-tatoo 100 % véganes. Je savais que j’avais trouvé mon tatoueur. Il est lui-même sensible à la cause et se pose beaucoup de questions. Il m’a d’ailleurs confié, quelques semaines après ma visite, avoir drastiquement réduit sa consommation de POA, grâce à sa collègue et à ma toute particulière bienveillance #Melon #TropFière…de lui. 😉

Concernant les encres, la plupart d’entre elles ne contiennent plus de POA depuis un bout de temps mais il faut néanmoins faire attention, de plus certaines sont susceptibles d’avoir été testées sur des animaux selon leur provenance (coucou la Chine). On peut y trouver par exemple* :

-Le noir animal, un charbon fabriqué à partir d’os d’animaux calcinés.
-La gomme-Laque, une substance créée à partir de résine sécrétée par les Kerria Lacca, une espèce de cochenille asiatique.
-La gélatine, produite à partir de carcasses & de sabots de vaches ou de moutons.
-La glycérine, constituée à partir de graisse végétale, elle est aujourd’hui parfois accompagnée de graisse animale (moins chère à produire).
De plus, le papier de transfert peut ne pas être végane et contenir de la cire de laine « Lanoline ».**

Voici une liste d’encre véganes** :

  • Waverly Color Co
  • Fuzion Tatto Ink
  • Intenze Tattoo Ink
  • Stable Color
  • Eternal Ink
  • Dermaglo
  • Kuro Sumi
  • Starbrite
  • Silvberback Ink

PENDANT LE TATOO

J’ai débarqué un vendredi matin (si ma mémoire est bonne) au salon d’Enzo. Le temps qu’il aille faire une course rapide, je me retrouve seule avec mon chéri de l’époque et sa collègue, Barbara. On discute, et vous savez, quand on a un peu peur, on se rassure comme on peut. Je me suis dit que si elle portait le même prénom que moi, ça ne pourrait que rouler. 😀
Pendant qu’elle finalise le dessin qu’elle mettra ensuite sur le calque, je jette un œil aux albums et aux photos aux murs.

 

Sur le mur, des photos d’Enzo aux côtés d’Avril Lavigne, Pete Doherty et d’autres personnalités que j’ai oubliées. Ça m’a rassurée de savoir que celui qui allait me charcuter, pardon, me tatouer, avait tatoué des célébrités et qu’en plus, il ne s’en vantait pas en dehors des photos dans son salon : il ne m’en avait jamais touché un mot.

Mais je ne me sens toujours pas à l’aise au retour d’Enzo : je suis assez fleur bleue et j’ai peur de la douleur. Il m’envoie donc à mon déjeuner avec mes amis blogueurs KM, il me dit que ça ira mieux si mon ventre est plein et que ça me laisse encore du temps pour réfléchir. Mais je suis décidée et après un succulent repas à la brasserie 2nd Art, me voilà enfin installée et là, les aiguilles se rapprochent dangereusement de mon bras droit… eh bien, c’est tout juste si ça gratouille ! Enzo est d’une douceur incroyable, et pourtant j’ai la peau sensible. Ça dure 1h30 pendant laquelle on discute, on écoute sa playlist (un vrai plaisir parce qu’on a plus ou moins les mêmes goûts musicaux) et le temps passe assez vite.
APRES LE TATOO

Ô joie, Ô bonheur, me voilà avec une tête de zèbre sur le bras et en plus, en vrai, c’est mieux qu’en dessin ! Vient le moment de m’expliquer les soins à prodiguer pour les 15 jours suivants et de se dire au revoir. Barbara m’envoie dans une boutique bio, située à 5 minutes à pied du salon de tatouage, pour acheter du gel d’aloé vera pur et du beurre de karité, le top du top pour un after-tatoo 100 % bio, naturel et cruelty-free. A ce moment-là, ça n’était pas encore le cas, mais maintenant le salon propose directement à la vente un produit bio et végane.

En bref, je ne saurais que vous conseiller de passer voir Enzo et Barbara. L’accueil est top, ils sont patients, rassurants, professionnels et le salon est 100 % veggie. J’attends avec impatience de retourner les voir pour me faire tatouer la nuque : un code-barre avec « Ouvrez les cages » en dessous et plus tard, le mollet gauche sur lequel on fera des fleurs avec plein de couleurs. Et cette carotte dessinée par Mika me trotte encore dans la tête !

Et juste en dessous, retrouvez une rapide interview de Barbara (parce qu’Enzo est un peu timide)

Des kiss et du love sur vous, 
Noita

Adresse : 56, rue Cantagrel, 75013 Paris
+33 1 42 17 00 43

 

Sources :
* EucalyptusEater
** Laptitenoisette

 

 

 


 

– Bonjour Barbara. Pour commencer et pour ceux qui ne te connaissent pas encore, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour, je m’appelle Barbara, 29 ans, parisienne de naissance, fille de peintre et de sculpteur médaillé de la ville de Paris.

– Quel est ton parcours ? As-tu toujours été tatoueuse ?

Je n’ai pas toujours été tatoueuse. J’ai commencé par faire un Brevet des Métiers d’Art Céramique. Puis, j’ai fait quelques boulots alimentaires, comme tout le monde. Après une courte formation « piercing », j’ai passé ma formation « hygiène » puis finalement, je me suis mise au tatouage.

– Comment définirais-tu ton style ?

Ma spécialité est le « dotwork », c’est une technique qui consiste à aborder le travail des ombrages uniquement avec du point. 

– Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Mes sources d’inspiration sont : Jondix, Nissaco, Delphine Noiztoy, Noksi, Matt Black, Tomas Tomas et j’en oublie certainement. Les techniques «dotwork», « asiatique », « géométrie 3D » sont vraiment des univers que j’affectionne tout particulièrement et que j’aime combiner. 

– Femme et tatoueuse, handicap ou avantage dans un milieu encore perçu comme principalement masculin ?

Aujourd’hui, être une femme tatoueuse n’est plus un «handicap», je pense. Pour preuve, je suis en fixe dans un salon avec deux bonhommes et ça se passe merveilleusement bien, ils sont très respectueux. Sans compter qu’aujourd’hui, avoir une tatoueuse est un plus non négligeable dans un shop, au niveau de la clientèle. 

 

 

– Le Watt Tattoo Shop propose un large panel de styles graphiques. Peux-tu nous préciser lesquels ?

-Chez WATT TATTOO, on fait aussi bien de la couleur que du noir et gris. Vous y trouverez un large panel de styles allant du portrait réaliste au maori, en passant par le dotwork, le old school et le trash polka. 

Que représente le véganisme pour toi, et comment l’intègres-tu dans ton travail au quotidien et dans ta vie en général ?

-Cela signifie que je ne mange aucun animal, mais aussi que je ne porte ni fourrure ni cuir. Mon maquillage, mes colorations, mes produits d’hygiène sont tous non testés sur les animaux. J’ai aussi décidé, en accord avec mes collègues, d’intégrer ce principe de vie au sein de mon travail. En effet, mes encres, ainsi que tous mes produits pour le tatouage, sont véganes et cruelty free. Nous avons aussi une gamme de soin après tatouage et des crèmes solaires spécial tattoo complètement CF. Quand j’en parle à mes clients, cela les fait sourire mais la plupart repartent avec une crème végane. Comme quoi, la condition animale affecte plus de personne que l’on pense. 

– La protection animale représente énormément pour toi. Que peux-tu nous dire à ce sujet ?

 Je fais ce que je peux à mon échelle. En effet, avec le peu de temps que j’ai, je ne peux pas participer aux actions des associations. Certaines de mes connaissances ont été libérer des animaux de laboratoire. J’aurais aimé participer or cela ne s’est pas fait. De ce fait, je milite à ma façon. Je boycotte certains produits. Je n’ai pas acheté mes deux chiens, ils ont été adoptés et je les traite comme les enfants que je n’ai pas. Pour ma part, l’animal devrait être traité de la même manière que l’Homme. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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